Tél. : +229 95 28 52 20
E-mail : contact@ecobenin.org

Accueil > Eco-Benin > Newsletter > Le Redunca de février 2018

Le Redunca de février 2018

Newsletter de février 2018

Dans cette édition, vous trouverez :

  1. Sur RTL INFO, Jean parle de son voyage avec Eco-Benin
  2. Les rites Vodoun, un moyen de conservation de la biodiversité dans la Réserve de la Bouche du Roy
  3. Le Collectif des Deltas du Golfe du Bénin est créé
Sur RTL INFO, Jean parle de son voyage avec Eco-Benin
jean_polet_au_benin_avec_ecobenin

Les vacances de Jean, que notre équipe a rencontré, avant c’était en Europe, souvent pour des balades en montagne. Avec l’association Eco Bénin, il est parti en Afrique il y a six ans pour la première fois. En regardant ses photos de voyage, c’est l’émotion des rencontres qui refait immédiatement surface. "Il y a beaucoup de gens qui étaient très gentils là-bas. Des gens qui nous ont vraiment accueillis comme étant un membres de leur famille. Ça me fait penser qu’il est temps que j’y retourne", confie Jean. Cliquez ici pour voir le reportage sur RTL INFO

Les rites Vodoun, un moyen de conservation de la biodiversité dans la Réserve de la Bouche du Roy


Au sud du Bénin, lorsque la divinité « Zangbéto » appelée communément gardien de nuit sort en plein jour, cela revêt d’une importance capitale. Ce mercredi 31 Janvier 2018, cette divinité fait son apparition à Hakouè un village situé au cœur de la Réserve la Bouche du Roy. La cérémonie rituelle à laquelle nous assistons ce jour là est similaire à celle que l’on observe le 10 janvier lors de la célébration du festival Vodoun. Elle est riche en chants et danses et mobilise les populations de ce village. En réalité, ce rituel précède un acte fort qui marquera toute cette localité : la sacralisation d’une zone de mangrove et de frayère qui est une pratique consistant à conserver la ressource halieutique pour une pêche durable.
Dans ce village et même les autres de cette réserve, tout le monde craint le « Zangbéto ».
« Lorsque le Zangbéto dit quelque chose, tout le monde a l’obligation de respecter cela. Au risque de la mort ou d’être expulsé de ce village » a souligné Anicet METENOU, le chef du village de Hakouè.

Après le rituel d’incantation et de prière au cours duquel les communautés présentes ont été sensibilisées sur les inconvénients du non respects des règles établies par la divinité, un groupe de personnes initiées ont traversé le fleuve mono avec le « Zangbéto » pour procéder à l’implantation du fétiche gardien dans la zone de mangrove et d’un périmètre de frayère. Sur la rive, on chante et on danse au rythme du tambour pour invoquer les voix des ancêtres. Une zone de 15,8 hectares de mangroves est sacralisée. Ces mangroves désormais sacrées viennent renforcer les règles d’interdiction stricte de coupe pour la mise en place des « Acadja » (technique de pêche prohibée) ou le bois énergie. Le Vodoun, une pratique occulte, née au Bénin est utilisée dans la réserve la Bouche du Roy pour la conservation des ressources naturelles.
Cette méthode de conservation écologique endogène constitue aujourd’hui une stratégie efficace de développement des zones écosystémiques et est fréquemment utilisée pour sauver la biodiversité de la réserve. Au total, 6 villages ont fait recours à cette méthode pour sacraliser environ 500 hectares de zone de mangroves et 3 hectares de zone de frayères. Jusque-là, aucune infraction n’a été relevée dans ces zones sacralisées. La méthode a démontré son efficacité et mérite d’être prise encore au sérieux et encouragée par le département ministériel en charge du Cadre de Vie et de l’Environnement.
« Celui qui va se hasarder à couper une tige de mangrove dans cette zone risque gros. Il va payer tout un tas de produits pour faire le sacrifice au fétiche en demandant pardon. Tous les produits et l’organisation de la cérémonie de sacrifice lui couterait plus de deux cent milles francs CFA » a insisté le sage et dignitaire du village, Julien HOUESSOU.
Avec l’appui de la GIZ et en partenariat avec l’IUCN Pays-Bas, l’ONG Eco-Benin soutient ces communautés dans l’organisation de ces cérémonies qui s’inscrivent dans le cadre du processus de création de la réserve de biosphère du Delta du Mono.
Gninhountinmè et Dohi seront les prochains villages où des zones de mangroves vont être sacralisées.
Cliquez ici pour la vidéo

Daniel Aboki

le Collectif des Deltas du Golfe du Bénin est créé


Ces dernières années dans le Golfe du Bénin (Nigeria, Bénin, Togo, Ghana et Côte d’Ivoire), le changement climatique accentue les pressions environnementales le long de la côte et accroit la vulnérabilité socioéconomique des populations littorales. Face à ce grand défi, de nombreuses initiatives telle que la création d’aires fluviomarines ont vu le jour dans certains pays du Golfe. Partager les expériences de ces initiatives et adopter une stratégie de gestion participative harmonisée semblent nécessaire pour une gestion durable des resources marines et côtières.
Ainsi, une trentaine de participants représentants d’Organisations Non Gouvernementales (locales et internationales) et de structures de coopération (Action Plus, Nature Tropicale, Eco-Benin, Cosol PG, Agbo-Zegue, Hen Mpoano, The Development Institute, ULB-Coopération, KINOME, Université de Lomé, Afrique nature) venues de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin et de la Belgique se sont réunies les 13 et 14 février 2018 au centre Agora Senghor de Lomé pour la mise en place d’un réseau : le Collectif des Deltas du Golfe du Bénin. C’est une plate forme volontaire d’acteurs de terrain, ancrés dans des territoires et au contact des acteurs locaux dans les zones d’estuaires, de mangroves et dans les systèmes fluviomarins en Afrique de l’Ouest et principalement dans le Golfe du Bénin.
Situé dans la zone subéquatoriale de l’Afrique de l’Ouest, le Golfe du Bénin est une partie du Golfe de Guinée et constitue la façade maritime du Ghana, du Togo, du Benin et du Nigeria. Ce dispositif régional que constitue le collectif ainsi mis en place aura pour mission principale d’œuvrer collectivement pour la conservation des ressources marines et côtières des zones de deltas du Golfe du Bénin.

Le collectif affiche de grandes ambitions clairement traduites dans le mémorandum validé et signé de tous les acteurs concernés lors de cette assise de Lomé. Il entend :

  • développer un système de partage des expériences et gestion intégrée des écosystèmes côtiers et marins dans l’ensemble des pays du Golfe du Bénin,
  • développer une stratégie de gestion participative harmonisée des écosystèmes marins et côtiers dotée d’une approche globale de mobilisation de ressources et des parties prenantes,
  • influencer les politiques de gestion du littoral et des grands programmes d’infrastructures côtières pour la promotion d’investissements verts,
  • s’appuyer sur la recherche-action pour solutionner les problématiques de gestion des ressources des écosystèmes côtiers et marins.

    “Je salue cette initiative et je trouve déjà sincère l’engagement de mes collègues. Je pense que ce creuset est une opportunité pour nous de développer ensemble notre capacité de mobilisation de ressources financières pour mener à bien les activités de conservation des ressources marines et côtières dans les pays de notre collectif en vue d’obtenir des impacts positifs communs” s’est réjouit Kofi AGBOGAH, facilitateur de la zone Anglophone du Collectif et directeur Exécutif de l’ONG Hen Mpoano du Ghana.
    A peine mis sur pieds, le Collectif des Deltas du Golfe du Bénin veut aller un peu plus vite. À l’issue de cet atelier, une feuille de route a été établie par les participants et présente clairement les activités à court, moyen et long terme. À court terme, il s’agira d’organiser des ateliers de partages d’expériences des membres du collectif, de créer et mettre en place des outils de communication, de réaliser un état des lieux des initiatives sur la conservation des mangroves ou encore faire le lobbying/plaidoyer sur le maintien du moratoire sur la chasse à la baleine.

Deux facilitateurs, au titre de l’année 2018, ont été désignés. La partie francophone du collectif des Deltas du Golfe du Bénin sera assurée par monsieur Gabriel H. SEGNIAGBETO de l’ONG Agbo-Zegue du Togo et la zone anglophone par Kofi AGBOGAH de l’ONG Hen Mpoano du Ghana. Le secrétariat du collectif est confié à ULB-Coopération installée au Togo.
Les membres du Collectif des Deltas du Golfe du Bénin se réuniront dans un an pour renouveler leur engagement d’adhésion. Ils pourront à cette occasion accueillir de nouveaux membres (Organisations Non Gouvernementales, Universités, le Secteur privé) désireux de faire partir de cette plate forme d’envergure régionale.

Daniel Aboki

NOS CONTACTS

Benin Ecotourism Concern (Eco-Benin)
Abomey-Calavi, Rue fin clôture UAC
03 BP 1667 Jéricho, Bénin
Mob : (229) 95285220
contact@ecobenin.org / www.ecobenin.org

Eco-Benin est recommandée par :

Eco-Benin est membre de :