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Mécanismes opérationnels d’application des textes de lois portant sur le code minier : les acteurs publics et privés formés à Djakotomey

Agohoué Balimè, un village de l’arrondissement d’Adjintimey dans la commune de Djakotomey est l’un des sites d’exploitation de gisement de graviers de cette localité. Sur cette carrière de dizaines d’hectares, on dénombre environ soixante (60) exploitants. Au Bénin, il existe des textes relatifs à l’ouverture et l’exploitation des carrières ; notamment la loi n°2006-17 portant code minier et fiscalités minières. L’article 42 de cette loi stipule que « Nul ne peut ouvrir et/ou exploiter une carrière sans autorisation obtenue conformément à la présente loi … ». Sur le site d’Agohoué Balimè, à peine dix (10) exploitants ont obtenu une autorisation qui par surcroit est expirée depuis l’année dernière. L’exploitation de graviers sur ce site est faite selon les méthodes artisanales. Bien qu’elle constitue une activité contribuant au développement des communes et à la réduction de plusieurs fléaux sociaux dont l’exode rural, les carrières dégradent l’environnement et bouleversent les écosystèmes.
« Comme vous pouvez le constater sur ce site, les gens s’installent de façon anarchique et commencent l’exploitation, alors qu’il leur faut une autorisation en bonne et due forme » c’est l’amer constat fait par monsieur Cosme BADJAGOU, Chef Service des Mines des départements du Mono-Couffo.

Sur ce site, un grand danger plane et guète les usagers. Des carrières abandonnées à ciel ouvert et non restaurées s’observent un peu partout. Cette activité d’extraction de graviers provoque, l’ensablement des plans et cours d’eau et la stérilité des sols. Aussi, la présence des trous d’excavation parfois couverts d’herbes constitue des dangers pour les populations et les animaux. De jour en jour, les terres agricoles sont lessivées à cause des espaces occupés par les carrières mais également par la dégradation des surfaces cultivables du fait de l’érosion des rebus.

Ce jeudi 5 Juillet 2018, les acteurs publics et privés étaient en visite sur le site d’exploitation d’Agohoué Balimè pour toucher du doigt les réalités et le danger que constitue cette activité pour l’environnement. C’était en marge de l’atelier de formation de ces acteurs en droits pratiques environnementaux pour une bonne gouvernance des carrières, des plans d’eau et forêts dans les communes de Djakotomey, Athiémé et Aplahoué. Cette assise organisée par les ONGs JVE Benin, Eco-Benin et AMN ONG avec l’appui financier de l’IUCN-Pays-Bas, vise à renforcer les connaissances d’une quarantaine de participants sur les dispositifs d’application des textes de lois pour une bonne gouvernance des carrières et des écosystèmes naturels.

« Je suis vraiment content d’avoir participé à cette formation. Il y a des choses que nous ne savions pas et que nos collègues exploitants ne savaient pas. Maintenant, c’est à nous de les sensibiliser pour qu’ils se mettent en règle » s’est réjouit monsieur Yaovi SOKAME, président des artisans miniers de la commune de Djakotomey ; avant de préciser que « Notre association avait pris conscience de l’enjeu et nous avions même initié une cotisation qui servirait à restaurer les sites abandonnés. Mais hélas, ceux qui géraient l’association ont utilisé ces sous (plus de vingt deux millions de francs CFA) à des fins non élucidées  ».

Aujourd’hui, le gouvernement veut insuffler une nouvelle dynamique à ce secteur qui emploie plus de cent mille (100.000) personnes. En 2017, une délégation du ministère en charge des Mines a effectué une descente sur le terrain accompagnée des autorités de la préfecture de cette région pour demander l’arrêt des activités au niveau des carrières, le temps de réorganiser le secteur avec à la clé, l’application des textes, désormais.
« Nous saluons les efforts des OSC telles que JVE Benin et Eco-Benin qui nous appuient, nous aident et nous leur demandons humblement de continuer le travail de sensibilisation des populations sur les lois qui encadrent ce secteur. Notre région regorge de ressources minières mal gérées. Grâce à cet atelier, nous avons appris beaucoup de choses qui vont nous aider en tant qu’autorités à une meilleure gestion de ces ressources  » a fait savoir monsieur Marius Honoré GUIGUI, chargé de mission du préfet du Couffo et représentant le préfet à cet atelier de formation.

Les plans d’eau et les forêts dans les communes d’Athiémé, d’Aplahoué, Djakotomey subissent également des menaces et font objet de destruction malgré l’existence des textes et lois qui régissent l’exploitation de ces ressources. Le dernier cas de massacre en date, la mort de milliers de poissons au lac Toho le mois dernier. Un cas dont les circonstances restent encore floues jusqu’à ce jour et les auteurs non identifiés.

Les agents assermentés, le corps judiciaire, les autorités communales et préfectorales, les associations d’exploitants des ressources minières ainsi que les responsables d’hôtels présents à cet atelier maitrisent parfaitement les mécanismes opérationnels d’application des textes de lois portant sur le code minier, foncier, la faune et la flore dans le paysage du Mono – Couffo.
Ils ont pris de nouvelles mesures efficaces pour assurer une bonne exploitation et protection des ressources.
Les OSC sont prêtes et s’engagent à jouer leur rôle de veille et de sensibilisation des populations et des décideurs sur la protection des Biens Publics Mondiaux par les textes de lois. La Direction départementale des Mines devra multiplier sa descente sur le terrain pour les contrôles. Les agents assermentés se sont engagés à effectuer des descentes sur le terrain pour les patrouilles et surtout opérationnaliser un système de renseignement performant afin d’anticiper les cas de destruction des ressources naturelles.

Daniel ABOKI

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