La salle de conférence du Centre Nonvignon de Grand-Popo a accueilli, les 1er et 2 avril 2026, deux journées de réunions d’engagement communautaire réunissant plus de 131 participants venus des communes de Ouidah et de Grand-Popo dont les autorités locales, les pêcheurs, les productrices de sel, les artisans, les adeptes de divinités et les relais communautaires
Ces participants, déjà mobilisés lors de l’enquête préliminaire sur le rôle du patrimoine dans la résilience climatique, se sont retrouvés dans le cadre d’un atelier de restitution et de validation des résultats. Cette rencontre a permis non seulement de partager les conclusions de l’état des lieux réalisé sur les patrimoines locaux, mais aussi d’engager une réflexion collective sur leurs limites et les actions nécessaires à leur valorisation dans un contexte de changement climatique. Organisées par l’ONG Eco-Benin en partenariat avec l’Université d’Abomey-Calavi, University of East Anglia, Durham University et l’Université de Cologne, avec l’appui du programme CLARE financé par UK Aid (FCDO – Royaume-Uni) et le CRDI (Canada), ces rencontres s’inscrivent dans une démarche scientifique et participative visant à mieux comprendre les liens entre patrimoine et résilience.

A l’ouverture des travaux, le Coordonnateur National d’Eco-Benin, M. Gautier AMOUSSOU, a rappelé l’importance de cette étape dans le processus de co-construction :
« Ces rencontres sont essentielles pour comprendre comment nos patrimoines, qu’ils soient matériels ou immatériels, peuvent devenir des leviers de résilience face aux changements climatiques. Je tiens à remercier toutes les autorités locales, les pêcheurs, les artisans, les femmes et les jeunes pour leur présence et leur engagement. Ensemble, nous bâtissons une réponse durable et inclusive. »
Les travaux ont été structurés autour de sessions participatives alternant présentations, travaux de groupe et restitutions en plénière. Les participants ont ainsi pu valider les résultats des enquêtes, analyser les forces et faiblesses des patrimoines identifiés (sites sacrés, pratiques culturelles, savoir-faire locaux), et proposer des pistes d’actions pour leur préservation, leur adaptation et leur valorisation. Les prises de parole des participants ont illustré la richesse et la portée des discussions. M. Adjei LACLEY, chef dignitaire à Avlo, a exprimé avec conviction le rôle central des savoirs ancestraux :
« Depuis des générations, nos divinités et nos lieux sacrés nous protègent et nous rassemblent. Cette rencontre nous a permis de comprendre que ces patrimoines ne sont pas de simples symboles culturels : ce sont des ressources vivantes pour renforcer notre résilience face aux inondations et à l’érosion côtière. Je m’engage, avec les autres dignitaires, à préserver ces savoirs et à les transmettre aux jeunes générations. »

Du côté des acteurs du tourisme, une prise de conscience similaire a émergé. . M. Yannick MEDEDJISSO, un guide communautaire de Grand-Popo, a témoigné de la prise de conscience que cette journée a suscitée :
« En tant que guide, je montre chaque jour aux visiteurs la richesse de nos sites patrimoniaux. Mais cette réunion m’a ouvert les yeux : ce patrimoine n’est pas seulement une attraction touristique, c’est aussi une force pour préparer nos communautés aux crises climatiques »
Enfin, les femmes productrices de sel ont rappelé que leurs savoir-faire sont en première ligne face aux bouleversements climatiques. L’une d’elles, originaire d’Avlo, Mme Léocadie SEVI, a également exprimé sa satisfaction et son engagement :
« Nous nous engageons, entre femmes, à œuvrer pour que ces savoir-faire soient transmis aux enfants et servent de base à des solutions nouvelles. Car nous sommes au cœur de la transmission et de la résilience communautaire. »

Au terme des travaux, les participants ont salué la démarche inclusive adoptée par Eco-Benin, qui a permis de donner la parole à toutes les composantes de la communauté et de favoriser une réelle co-construction des solutions.
À travers cette initiative, Eco-Benin et ses partenaires réaffirment leur engagement à promouvoir une action climatique ancrée dans les réalités locales. En croisant savoirs scientifiques et connaissances endogènes, le projet CoHeRe démontre que le patrimoine constitue un levier stratégique pour renforcer durablement la résilience des communautés côtières du Bénin.
OZIRIS SOSSOU / STAGIAIRE ECO-BENIN
HAROLD AHOUANDJINOU / CHARGE DE PROJET