La salle de conférence du Centre Nonvignon de Grand-Popo a accueilli, du 22 au 23 puis du 26 au 27 décembre 2025, deux vagues d’ateliers de sensibilisation et de formation réunissant directeurs d’écoles, enseignants du primaire (CE2 à CM2), guides touristiques et relais communautaires des communes de Grand-Popo et de Ouidah.
Au total, quatre vingt-dix (90) participants ont pris part à ces ateliers organisés par Eco-Benin, dans le cadre du projet « Là où la mer rencontre la terre : patrimoine côtier du Bénin, résilience communautaire et inclusion dans un environnement en mutation » (CoHeRe), en partenariat avec l’Université d’Abomey-Calavi à travers son Laboratoire d’Art, d’Archéologie, d’Analyse des Dynamiques Culturelles, d’Expertise Patrimoniale et Touristique (LACEPT), University of East Anglia, Durham University, l’Université de Cologne, avec l’appui du programme CLARE, financé par UK Aid (FCDO – Royaume-Uni) et le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI – Canada).

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la résilience des communautés côtières, à travers la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et l’intégration de ces savoirs dans les processus éducatifs. Le choix stratégique de cibler le corps enseignant vise à assurer une transmission durable des connaissances auprès des écoliers, considérés comme de véritables relais de changement au sein des communautés.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence effective du Coordonnateur National d’Eco-Benin, M. Gautier AMOUSSOU, des autorités locales des communes de Grand-Popo et de Ouidah, notamment Mme Chantale ROMAO, Cheffe de l’Arrondissement d’Agoué, M. Carlos AYIKPE, Chef de l’Arrondissement d’Avlo, M. Alphonse YEHOUENOU, Chef de l’Arrondissement d’Avlékété, M. Victor FASSINOU, Chef de l’Arrondissement de Djègbadji, ainsi que les Chefs de Circonscriptions Scolaires de Ouidah et de Grand-Popo.
Dans son intervention, M. Gautier AMOUSSOU a rappelé le contexte et les objectifs du projet, tout en insistant sur l’importance du patrimoine comme levier de résilience climatique :
« Notre ambition est de démontrer que le patrimoine n’est pas seulement une mémoire culturelle, mais une ressource vivante capable de renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques. En outillant les enseignants et les relais communautaires, nous investissons dans une réponse durable, inclusive et portée par les générations futures. »

Pour sa part, Mme Chantale ROMAO, Cheffe de l’Arrondissement d’Agoué, a salué la pertinence de l’initiative et la méthodologie participative adoptée :
« Je me réjouis de voir nos enseignants et guides communautaires s’approprier ces connaissances sur les changements climatiques et les patrimoines endogènes. Ils deviennent ainsi de véritables ambassadeurs de la résilience climatique auprès des enfants et des familles. La commune d’Agoué accompagnera pleinement la mise en œuvre des actions de sensibilisation prévues dans les écoles. »
Le Chef de la Circonscription scolaire de Grand-popo, M. Hubert BODJRENOU, quant à lui, a insisté sur l’importance des acquis pédagogiques et a exprimé son enthousiasme :
« Nous avons désormais une méthodologie participative, et des outils pédagogiques spécifiques incluant à la fois changement climatique et importance du patrimoine matériel et immatériel, comme la bande dessinée réalisée qui est très adaptée aux écoliers. Les enseignants sont mieux outillés pour transmettre aux enfants que leur patrimoine est une richesse et une protection face aux crises climatiques. C’est une avancée majeure pour l’éducation citoyenne et environnementale. »

Les ateliers visaient à renforcer les capacités des enseignants et relais communautaires sur les enjeux des changements climatiques, le rôle du patrimoine dans l’adaptation communautaire, et les liens entre culture, environnement et résilience. Les participants ont été sensibilisés aux causes et manifestations locales du dérèglement climatique, par des modules théoriques, exercices pratiques, jeux pédagogiques et visites de terrain dans les zones concernées.
Un accent particulier a été mis sur la co-élaboration d’une méthodologie participative de sensibilisation, spécifiquement adaptée aux écoliers du primaire (CE2 à CM2). À cet effet, des outils pédagogiques innovants, dont la bande dessinée intitulée “Gardien du Temps”, des supports visuels et des animations interactives, ont été présentés afin de faciliter l’appropriation des messages par les enfants.

À l’issue des deux vagues d’ateliers, les enseignants et relais communautaires se sont engagés à mettre en œuvre les activités de sensibilisation dans leurs écoles respectives, dans le cadre du projet. Ils deviennent ainsi des acteurs clés de la transmission des valeurs de protection du patrimoine et de résilience climatique auprès des jeunes générations.
À travers cette initiative, Eco-Benin réaffirme son engagement à promouvoir une action climatique ancrée dans les réalités locales, en misant sur l’éducation, la participation communautaire et la valorisation des savoirs culturels pour renforcer durablement la résilience des communautés côtières du Bénin.
HAROLD AHOUANDJINOU / ECO-BENIN
OZIRIS SOSSOU / STAGIAIRE