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  • Dernière modification de la publication :11 mars 2026

Face aux effets du changement climatique et à la forte chaleur dans les villes, la rénovation énergétique apparaît comme une solution durable. Elle consiste à améliorer les habitations grâce à une meilleure ventilation naturelle et à l’utilisation de matériaux locaux afin de réduire la chaleur à l’intérieur des maisons.

Dans le cadre du projet FRESH (Favoriser les Rénovations pour l’Efficacité Énergétique dans l’Habitat) financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par l’ONG Eco-Benin en partenariat avec Geres, les travaux de rénovation de dix maisons pilotes ont officiellement démarré dans les villes d’Abomey-Calavi et de Parakou. Après une phase rigoureuse de sélection des ménages à Abomey-Calavi (notamment dans les quartiers de Cococodji, Zinvié, Agori, Tokan et Hêvié) et à Parakou (Zongo Zenon, Titirou, Albarika, Ganou, Banikanni) les solutions de rénovation low tech  sortent de la théorie pour s’ancrer dans la réalité du terrain.

Sur place, les habitants observent déjà les premiers changements : des visages souriants et une satisfaction visible face aux transformations de leurs habitations, avec une réduction de la chaleur à l’intérieur des logements pour un meilleur confort thermique.

« Je suis très satisfait des travaux réalisés. C’est un investissement majeur. La maison est en train de se transformer et nous ressentons déjà une amélioration de l’aération. Je remercie sincèrement les partenaires pour cet important appui », a témoigné Joslyn Devochi, chef de ménage à Zinvié.

L’approche « chantier-école » pour valoriser le savoir-faire local

La particularité de cette initiative réside dans son approche pédagogique. Au total, 100 artisans locaux ( maçons, menuisiers, électriciens, peintres, vitriers, paysagistes)  sont formés et certifiés aux solutions de confort thermique passif et aux techniques « low-tech ».

Avant le déploiement effectif sur les différents chantiers, des sessions de formation théorique ont été organisées à la Maison Sainte Anouarite d’Abomey-Calavi et à la Maison diocésaine Sainte Marthe de Parakou. Ces étapes préparatoires ont constitué un moment clé du processus, permettant de poser les bases techniques et méthodologiques nécessaires à la bonne mise en œuvre des travaux. Elles ont réuni plusieurs artisans locaux notamment des maçons, menuisiers, vitriers, électriciens, peintres, paysagistes et autres professionnels du bâtiment venus renforcer leurs connaissances et échanger sur les bonnes pratiques en matière de construction durable.

L’objectif de ces formations est double. D’une part, il s’agit de garantir une exécution technique de qualité sur les chantiers, en s’assurant que chaque artisan maîtrise les principes, les outils et les méthodes liés aux solutions constructives proposées. D’autre part, ces sessions visent à doter les participants de compétences durables qu’ils pourront réinvestir dans d’autres projets de construction au Bénin.

Au cours de ces formations, une attention particulière a été portée à la compréhension des principes qui sous-tendent chaque choix technique. Les participants ont été amenés à réfléchir non seulement au comment, mais surtout au pourquoi des solutions proposées. Cette approche pédagogique vise à favoriser l’appropriation réelle des techniques par les artisans, afin qu’ils soient capables de les reproduire de manière autonome dans leurs futures réalisations.

Comme l’explique Marc GLASS, l’un des formateurs :
« Sur le terrain, nous accompagnons la mise en place et la mise en œuvre des solutions, mais nous insistons surtout sur le sens de ces choix. Il ne s’agit pas seulement de dire qu’il faut créer une fenêtre ou planter un arbre à tel endroit. Il faut expliquer pourquoi on le fait, afin que ces pratiques puissent être comprises, adaptées et reproduites ailleurs. »

Cette démarche participative et pédagogique renforce ainsi les capacités locales et contribue à créer un réseau d’artisans capables de promouvoir, à leur tour, des solutions de construction durables et adaptées au contexte béninois.

Les solutions mises en pratique sur ces chantiers pilotes incluent l’isolation thermique des toitures, l’installation de protections solaires (auvents), l’optimisation de la ventilation naturelle, l’intégration d’éléments de végétalisation pour créer de l’ombrage.

Vers un déploiement à grande échelle et une maîtrise d’usage

Les dix premières rénovations constituent la phase expérimentale du projet FRESH . Au-delà de l’aspect technique, un accent particulier est mis sur la pérennité des installations. À la fin des travaux, des séances de sensibilisation seront organisées au sein des communautés. Ces échanges visent à accompagner les bénéficiaires dans la « maîtrise d’usage » des aménagements, en encourageant l’adoption de gestes simples (aération nocturne, gestion des volets) pour maximiser les performances thermiques.

À terme, le projet FRESH ambitionne de rénover 250 logements dans les zones urbaines du pays, contribuant ainsi à une amélioration durable des conditions de vie des populations face au réchauffement climatique.

DEO-GRACIAS EDOH / ECO-BENIN

Relecture : DANIEL ABOKI