Au Bénin, les populations vivant en zones urbaines et périurbaines sont de plus en plus exposées aux effets des changements climatiques, notamment à travers un fort inconfort thermique dans les habitations. Cette situation est aggravée par une urbanisation rapide et souvent mal maîtrisée, ainsi que par une méconnaissance des solutions naturelles de rafraîchissement par les ménages. Il en résulte une surexposition des populations à des températures excessives dans des logements non-efficace énergétiquement.
Cette exposition prolongée à la chaleur a des conséquences significatives, tant sur le plan sanitaire avec une augmentation des problèmes de santé chroniques que sur le plan socio-économique, à travers des pertes de productivité notables. Pour les ménages disposant de ressources financières plus élevées, le recours accru à la climatisation entraîne une surconsommation d’énergie et, par conséquent, une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Plus largement, cette situation s’explique par un déficit de ressources techniques et financières, une évolution des pratiques constructives peu adaptées aux contextes climatiques locaux, ainsi qu’un manque global de connaissances en matière d’efficacité énergétique du bâti. Par ailleurs, les solutions low-tech et à bas coût, intégrant la maîtrise d’usage et permettant de limiter durablement les effets de la chaleur dans l’habitat, restent encore peu développées et faiblement diffusées.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « Favoriser les Rénovations Énergétiques et les Solutions pour l’Habitat en climats chauds » (FRESH). Porté par le GERES en partenariat avec Eco-Benin et financé par l’Agence Française de Développement (AFD), le projet est mis en œuvre sur une durée de 32 mois, de juillet 2024 à mars 2027.
Objectif : Il vise à contribuer à l’amélioration des conditions de vie et l’adaptation aux changements climatiques des populations urbaines des zones chaudes, par la diffusion de pratiques et de solutions d’efficacité énergétique low tech, à bas coût dans l’habitat.
Afin de favoriser une diffusion effective et durable de ces solutions de rafraîchissement des bâtiments, Eco-Benin et le GERES déploient, dans le cadre du projet FRESH, une approche structurée autour de trois volets complémentaires.
– l’amélioration de l’offre technique :
Il s’agit ici de développer, tester et valider des solutions adaptées aux contextes locaux, telles que l’isolation thermique, la ventilation naturelle ou encore l’utilisation de matériaux traditionnels durables. Ces solutions sont expérimentées à travers des projets pilotes avant d’être diffusées à plus grande échelle. Parallèlement, le projet renforce les capacités des artisan·es et professionnel·les du bâtiment à travers des formations pratiques, notamment via des chantiers-écoles, afin de favoriser l’intégration de ces techniques dans leurs pratiques professionnelles.
– la maîtrise d’usage par les habitant·es :
Convaincu que les comportements et usages jouent un rôle déterminant dans la performance énergétique des logements, le projet sensibilise les ménages aux bonnes pratiques permettant de limiter la chaleur et d’améliorer le confort thermique. Cela inclut l’adoption de gestes simples, tels que l’aération stratégique des espaces, l’utilisation de protections solaires ou encore le choix d’équipements économes en énergie. Dans cette dynamique, FRESH valorise également les savoir-faire locaux en encourageant l’utilisation de matériaux et de techniques traditionnels, souvent plus adaptés aux conditions climatiques locales.
– la mise en relation de l’offre et de la demande, en facilitant les échanges entre les artisan·es formé·es des filières du bâtiment et les propriétaires ou locataires de logements :
Le projet soutient cette mise en relation à travers des dispositifs d’information, des plateformes numériques et des actions de communication ciblées, tout en promouvant des solutions de financement accessibles. L’objectif est de lever les freins économiques et de permettre aux ménages d’investir dans des solutions durables de rénovation énergétique.
À l’issue du projet, il est attendu la rénovation pilote de 10 maisons, à raison de cinq (5) maisons par ville, ainsi que la dissémination des solutions techniques sur 210 logements résidentiels, à la suite de diagnostics socio-énergétiques. Par ailleurs, 100 artisan·es seront formé·es à travers des chantiers-écoles, 500 ménages seront sensibilisés aux techniques de rafraîchissement naturel et à la maîtrise d’usage, et des guides ainsi que des vidéos de formation et de sensibilisation seront conçus et mis à la disposition des différents acteurs du secteur.
ECO-BENIN