L’ONG Eco-Benin a initié, dans le cadre de la mise en œuvre du projet Appui à la Sécurité maritime intégrée de l’Afrique de l’Ouest (SWAIMS), une enquête sur la criminalité maritime au Bénin. L’enquête s’inscrit dans la suite logique des nombreuses actions de préservation de la biodiversité qui sont menées dans le paysage du delta mono et particulièrement dans l’Aire Communautaire de Conservation de la Biodiversité la Bouche du Roy à travers le programme Ressources Partagées, Solutions Communes appuyé par l’IUCN Pays-Bas.

Il est capital de rappeler que Eco-Benin a appuyé techniquement la mise en place de cette aire communautaire qui dispose d’une façade maritime. L’organisation entend renforcer ses actions sur cette façade maritime et globalement le long des côtes béninoises. D’où la présente enquête diagnostique pour pouvoir identifier tous les problèmes liés à la criminalité maritime au Bénin afin de trouver des solutions communes.

« Nous avons mené cette enquête sur deux semaines avec une équipe constituée d’ingénieur environnementaliste, de sociologue et d’agronome sous la supervision du coordonnateur nation d’Eco-Benin » Is-Deen AKAMBI, Chargé de Programme à Eco-Benin.

Du 24 au 25 septembre 2020 au Centre Nonvignon de Grand-Popo, Eco-Benin a restitué aux acteurs, autorités locales des zones côtières cibles de l’enquête, les résultats de cette enquête diagnostique sur l’insécurité maritime. La question de la criminalité maritime débattue s’est appesantie sur une dizaine de thématique notamment la pêche illicite non déclarée et non règlementée, la piraterie, la pollution, les risques d’accidents etc.

« La vie a commencé en mer. Protéger la mer, c’est protégé l’humanité et notre avenir. Les ressources sur le continent se raréfient. Cela crée une compétition sur les ressources en mer, désormais sous pression », Capitaine de Vaisseaux Maxime AHOYO, Préfet Maritime du Bénin, lors de cet atelier de restitution de l’enquête diagnostique sur l’insécurité maritime au Benin.

Les résultats issus de l’enquête démontrent que l’exploitation des ressources halieutiques provoquent des situations conflictuelles affectant négativement la bonne conduite des activités de pêche au Bénin. Au nombre des difficultés, l’enquête a relevé l’utilisation des engins non recommandés tels que les « chaluts bœufs » et les filets Mèdokpokonou par certains acteurs, le non-respect des aires de pêcherie par les navires de pêche industrielle.

Face à cet état des choses, le rapport d’enquête propose des recommandations et suggestions pour le mieux-être de ce secteur. Il s’agit entre autre du renforcement du dispositif de surveillance et de suivi au niveau de la côte par les acteurs assermentés sous la coordination de la préfecture maritime, le renforcement des capacités des pêcheurs sur les textes et lois en vigueur, la mise en place d’un cadre de dialogue pour faciliter les échanges entre les acteurs étatiques et la société civile sur la sauvegarde des ressources maritimes au Bénin.

Le rapport final de l’enquête sera présenté, aux instances de la CEDEAO du projet SWAIMS, de l’Union Européenne et de l’IUCN au niveau mondial à travers le webinaire qui aura lieu le mercredi 30 septembre 2020 a 9h:30 GMT.  Les acteurs de la pêcherie maritime espèrent, au cours de ce webinaire, que leurs préoccupations et difficultés soient prises en compte pour le bonheur du secteur.

ABOKI DANIEL / ECO-BENIN

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