• Post category:Biodiversité
  • Dernière modification de la publication :10 juin 2026

Portée par Eco-Benin et ses donateurs, la campagne solidaire « Le karité, mille espoirs » redonne vie aux parcs à karité et soutient l’autonomisation des femmes rurales à travers une action de reboisement à fort impact environnemental et économique.

Dans la commune de Copargo, au nord-ouest du Bénin, un nouvel espoir prend racine à Tchoutchouhou. Grâce aux fonds mobilisés (439 491,19 FCFA) dans le cadre de la campagne solidaire « Le karité, mille espoirs », les femmes de la localité ont procédé, le 2 juin 2026, à la mise en terre de 250 plants de karité dans le jardin de plantes médicinales du village. Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du projet intitulé « Renforcement de la résilience économique des femmes de Copargo à travers la restauration des parcs à karité et la valorisation durable des produits du karité et des plantes médicinales locales », porté par l’ONG Eco-Benin. Elle vise à concilier restauration des écosystèmes dégradés et amélioration des revenus des femmes rurales.

Les femmes au cœur de la chaîne de valeur du karité

Les principales bénéficiaires de cette action sont les femmes de la coopérative villageoise de Tchoutchouhou, actives dans la transformation du karité, notamment la production d’amandes et de beurre de karité. Pour elles, la mise en terre de ces plants représente bien plus qu’un simple geste environnemental : c’est un investissement dans leur avenir économique et celui de leurs familles.

Gomina Adama, représentante de la coopérative, exprime sa satisfaction :

« Aujourd’hui est un jour important pour notre communauté de Tchoutchouhou. Grâce à l’appui d’Eco-Bénin et de ses partenaires, nous avons reçu des plants de karité pour enrichir notre jardin de plantes médicinales. Pour nous les femmes, le karité représente beaucoup : il soigne, nourrit et peut aussi contribuer à améliorer nos revenus. Nous remercions tous les partenaires pour cet accompagnement et nous prenons l’engagement de bien entretenir ces plants afin que les générations futures puissent en bénéficier. »

Pour Jules Landjohou, chargé de programme nord d’Eco-Benin, cette action s’inscrit dans une vision plus large de développement durable. Elle permet à la fois de restaurer les parcs à karité fortement dégradés et de renforcer les capacités économiques des femmes, considérées comme des actrices clés de la filière. Il souligne également que la réussite de cette initiative repose sur l’implication communautaire et la valorisation des ressources locales : des leviers essentiels pour assurer la durabilité des actions menées sur le terrain.

Un mécanisme de suivi pour garantir la durabilité des actions

Afin d’assurer la pérennité des 250 plants mis en terre, un dispositif de suivi communautaire et technique est mis en place. Celui-ci repose sur plusieurs niveaux d’intervention : un suivi régulier de la croissance des plants par les membres de la coopérative, appuyés par les équipes techniques d’Eco-Benin ; des visites périodiques de terrain pour évaluer le taux de survie et l’état sanitaire des plants ; ainsi que des séances de renforcement de capacités sur l’entretien des jeunes plants, la gestion des pépinières et les bonnes pratiques agroécologiques. Ce mécanisme prévoit également la documentation des données de croissance et de survie afin d’alimenter les rapports de suivi du projet et d’orienter d’éventuelles actions correctives. À travers cette approche participative, les communautés locales deviennent pleinement actrices de la restauration des écosystèmes.

Dans ce paysage du nord-ouest du Bénin, le karité occupe une place centrale dans les systèmes socio-économiques et culturels. Bien plus qu’une ressource économique, il constitue un patrimoine vivant transmis de génération en génération et profondément ancré dans les pratiques locales. Cependant, cet équilibre fragile est aujourd’hui menacé par la dégradation des parcs à karité, les effets du changement climatique, la pression démographique et les limites des équipements de transformation.

Dans ce contexte, la mise en terre de ces 250 plants de karité symbolise une réponse concrète et porteuse d’avenir. À Tchoutchouhou, chaque plant devient un signe de résilience, un investissement pour les générations futures et une promesse de prospérité partagée entre les femmes et leur environnement.

Merci aux donateurs !

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DANIEL ABOKI / ECO-BENIN