Le Centre Terra de Comé a servi de cadre, ce mercredi 24 juin 2026, à la cérémonie officielle de remise d’attestations de fin de formation à quatorze (14) jeunes maçons et menuisiers issus de la réserve de biosphère du Mono. Il s’agit d’une première vague des soixante (60) artisans à former au total. Cette cérémonie s’est déroulée en présence des maires, secrétaires exécutifs et cadres techniques des communes de Comé, Grand-Popo, Houéyogbé, Aplahoué, Bopa et Djakotomey, de la coordination du projet AGeReB, des parents des bénéficiaires, des responsables des associations locales de gestion des sites de la réserve, des responsables du Centre Nonvignon ainsi que des représentants des bureaux des artisans des départements de l’Atlantique, du Mono et du Couffo.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Appui à la gestion de la réserve de biosphère du Mono et de l’aire marine protégée Bouche du Roy pour un développement économique inclusif durable – AGeReB, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par UICN PACO, UICN Pays-Bas et l’ONG Eco-Benin. Il œuvre à la conservation de la biodiversité et au renforcement de la gouvernance de la réserve de biosphère du Mono. Conscient des défis liés à l’employabilité des jeunes dans ce territoire, le projet a fait le choix stratégique d’investir dans les métiers verts et innovants afin de créer des opportunités économiques durables tout en contribuant à la préservation des ressources naturelles.

Pour atteindre cet objectif, un important dispositif a été mis en place, allant de l’identification des besoins en compétences jusqu’à l’élaboration de curricula adaptés, en passant par la formation des formateurs. La mise en œuvre de ce programme a été confiée au Centre Nonvignon assisté du Centre Terra pour les formations en écoconstruction. Le Centre Nonvignon est reconnu pour son expertise dans les domaines de l’écoconstruction, de l’agroécologie, de l’hôtellerie-restauration et des métiers techniques liés au développement durable.
Grâce à une bourse entièrement financée par le projet AGeReB, les bénéficiaires ont suivi trois mois de formation intensive, dont 80 % de pratique et 20 % de théorie. Une approche pédagogique qui leur a permis d’acquérir des compétences directement exploitables sur le marché de l’emploi et de maîtriser des techniques de construction respectueuses de l’environnement.
« Nous avons appris beaucoup de nouvelles choses. Nous réalisions auparavant des constructions classiques en blocs ordinaires. Aujourd’hui, grâce à cette formation, nous maîtrisons la construction en blocs de terre compressée autobloquants. Cette technique présente de nombreux avantages sur les plans économique, écologique et esthétique », a témoigné avec enthousiasme Judicael Gnangbé, représentant des artisans bénéficiaires.

Au-delà du renforcement des capacités techniques, cette formation ouvre de nouvelles perspectives entrepreneuriales pour les jeunes artisans de la réserve. Elle repose sur une collaboration innovante entre le Centre Terra et le Centre Nonvignon, deux structures engagées dans la promotion des solutions de construction durables adaptées aux réalités locales.
Selon Sadam Avocetien, responsable du Centre Terra, les apprenants étaient déjà des artisans avant leur arrivée au centre, mais ne disposaient pas des connaissances nécessaires pour valoriser efficacement les matériaux locaux dans leurs réalisations.
« Nous les avons formés à la technologie Hydraform, qui permet de construire en réduisant considérablement l’utilisation du ciment tout en limitant les dépenses énergétiques liées à l’exploitation des bâtiments. Cette approche favorise des constructions plus écologiques, plus économiques et mieux adaptées aux enjeux climatiques actuels », a-t-il expliqué.

Référence en matière d’écoconstruction, le Centre Terra intervient aussi bien dans la formation que dans la conception et la constructionde bâtiments bioclimatiques en terre et en bois. Le centre est dans la production et la vente de briques BTC autobloquantes. Il accompagne également les collectivités et les particuliers dans les domaines du conseil, des études techniques et de l’aménagement paysager.
Pour les responsables du projet AGeReB, le développement de telles compétences constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience des communautés locales. En effet, le manque d’opportunités économiques pousse de nombreux jeunes à quitter la réserve, réduisant ainsi leur participation aux efforts de conservation des écosystèmes.
« Il fallait réfléchir à des métiers innovants et verts capables de valoriser les ressources naturelles disponibles dans la réserve tout en apportant des réponses concrètes aux défis climatiques et socio-économiques auxquels les populations sont confrontées », a souligné Is-Deen Akambi, coordonnateur du projet AGeReB.

Les résultats obtenus ont particulièrement impressionné les autorités communales présentes. La visite du bâtiment bioclimatique témoin réalisé par les apprenants sur le site du Centre Terra a permis aux élus de constater concrètement le potentiel de ces techniques de construction durable.
« Il est important que chacune de nos communes puisse progressivement promouvoir ce type de construction. Le développement de bâtiments bioclimatiques contribuera non seulement à améliorer les conditions de vie des populations, mais également à apporter des réponses aux enjeux sanitaires et climatiques auxquels nous faisons face », a déclaré Carlos Yao Ayikpe, maire de la commune de Grand-Popo.

Cette première cohorte marque une étape importante dans la promotion des métiers verts au sein de la réserve de biosphère du Mono. Le projet AGeReB poursuit son engagement avec une deuxième vague de bénéficiaires actuellement en formation au Centre Terra à Comé, confirmant ainsi sa volonté de faire de la jeunesse un acteur clé du développement durable et de la conservation de la biodiversité dans le paysage du mono.

DANIEL ABOKI / ECO-BENIN