• Post category:Biodiversité
  • Post last modified:25 octobre 2021

Du 18 au 20 octobre 2021, l’équipe de facilitation en charge de conduire l’évaluation des impacts sociaux (SAPA) de la Réserve de Biosphère de Biosphère Transfrontière du Mono : Site Bouche du Roy  (RBTM-BR) dans le cadre du projet  « Analyse des impacts sociaux et de l’efficacité de gestion de la RBTM-BR» a organisé des réunions communautaires dans les villages du site de la Bouche du Roy.  Objectif, identifier les impacts sociaux positifs et négatifs liées à l’existence et à la gestion de cette aire protégée. L’ensemble des villages ont été répartis en cinq communautés suivant les proximités géographiques, l’intensité des actes illicites, l’existence d’actions de développement communautaires et suivant notamment l’accès aux ressources et les types d’activités. Au total, cinq réunions communautaires ont été organisées dans les villages de Dohi, Djondji, Avlo, Sohon et Nanzoumè. Elles ont chacune regroupé des groupes de 30 personnes issues de différentes catégories d’acteurs : pêcheurs, agriculteurs, femmes mareyeuses, artisans, commerçants etc.

« Pour mieux cerner les impacts au niveau de ces communautés, nous avons commencé par leur faire un rappel sur l’existence de la réserve de biosphère transfrontalière du mono, sur les ressources liées au milieu, et après cela nous sommes passés à l’identification des impacts sociaux et leur priorisation », souligne Juste DJAGOUN, assistant de projet à Eco-Benin.

On estime à vingt-cinq mille le nombre d’habitants vivant à l’intérieur et au autour du site de la Bouche du Roy.  Étant donné que la majorité est analphabète, pour faciliter l’identification des impacts à leur niveau, l’équipe de facilitation a procédé de manière illustrative pour leur permettre de pouvoir lier chaque impact identifié à une image et faciliter leur choix et la priorisation de ces impacts.

L’existence et la gestion de la réserve de biosphère transfrontalière du mono a eu un effet sur la vie quotidienne des communautés. On note des impacts positifs qui s’étendent à la conservation de la biodiversité avec tous ces bénéfices et bienfaits à savoir : la conservation de la faune, de la mangrove etc. Globalement, les communautés reconnaissent qu’avec l’existence de cette réserve, il y a plus de bénéfices sur la conservation. Les impacts positifs vont également à l’endroit de l’amélioration des conditions de vie et du pouvoir d’achat. Les ménages se sentent à l’aise avec le développement des activités touristiques et des activités alternatives génératrices de revenus. Aussi, faudrait-il remarquer que d’autres métiers comme le guidage touristique sont nés grâce à l’existence de cette aire protégée.

« Ces réunions nous ont permis de constater qu’il n’y a pas que d’impacts positifs. Il y a aussi des impacts négatifs c’est-à-dire des effets qui tendent à diminuer le bien-être économique et social des communautés », constate le docteur Méryas KOUTON, leader de l’équipe de facilitation.

Les patrouilles de contrôles des engins prohibés, les restrictions liées à l’agriculture, à la collecte des crabes, à la pêche ainsi que la règlementation des engins de pêche vont à l’encontre des habitudes des communautés et créent des contraintes à leurs activités économiques.  A titre d’exemple, avec le contrôle et la destruction des techniques prohibées de barrage pour la pêche, l’activité de pêche n’est plus assez rentable pour ces communautés. Ce qui diminue le pouvoir d’achat des ménages avec pour corolaire les difficultés de scolarisation (déscolarisation des jeunes), la délinquance etc.  L’ensemble des impacts positifs et négatifs seront compilés et feront objet d’une analyse globale à l’échelle de toute la réserve. Les résultats de ces analyses seront présentés aux représentants des communautés au cours du premier atelier des parties prenantes.

Cette activité de réunions communautaires est la toute première étape dans le cadre de l’évaluation des impacts sociaux des aires protégées (SAPA) réalisée au niveau de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du delta Mono – site de la Bouche du Roy. Coordonné par l’ONG Eco-Benin, le projet « Analyse des impacts sociaux et de l’efficacité de gestion de la Réserve de Biosphère du Mono : site de la Bouche du Roy » est soutenu par l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, Caraïbes et Pacifique par le biais du Programme BIOPAMA (Programme pour la biodiversité et la gestion des aires protégées)

ABOKI DANIEL / ECO-BENIN

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